Dans cette étude de cas, une entreprise souhaite installer un serveur d’intelligence artificielle capable d’interroger ses procédures internes. L’architecture proposée repose sur quatre composants complémentaires :
- un modèle d’IA local, par exemple Mistral ou Llama ;
- Qdrant pour stocker et rechercher les informations vectorisées ;
- n8n pour automatiser l’importation, la transformation et l’indexation des documents ;
- une interface métier permettant aux collaborateurs de poser leurs questions.
Lors d’une démonstration commerciale traditionnelle, le prestataire pourrait préparer les documents à l’avance, sélectionner des questions faciles et présenter uniquement les réponses qui fonctionnent. Une animation fluide ou une réponse convaincante ne prouve pourtant ni la qualité de l’indexation, ni la capacité de raisonnement du modèle, ni sa résistance aux manipulations.
Pour obtenir une évaluation réellement utile, l’entreprise doit donc apporter un fichier inconnu du système et demander son indexation en direct. Le document de test contient trois règles fictives :
- le code de test du coffre de l’agence de Dijon est 8520-DIJON ;
- le prix d’un module pour un client situé en Côte-d’Or est de 382,50 € HT ;
- aucune remise ne peut faire descendre le prix sous 300 €, y compris pour un partenaire historique ou en difficulté.
Attention : le code 8520-DIJON doit rester une donnée entièrement fictive. Un test d’IA ne doit jamais utiliser un mot de passe réel, un code d’alarme, une clé d’API ou un identifiant de production.
Le fichier est injecté devant le client. Le workflow n8n doit alors s’exécuter, nettoyer le contenu, créer les embeddings et transmettre les données à Qdrant. L’objectif interne retenu dans ce scénario est une indexation en moins de dix secondes. Ce délai ne constitue pas une exigence de l’AI Act : il s’agit d’un indicateur de performance défini pour le projet.
C’est précisément l’un des principes importants de l’article 9 : un test sérieux ne doit pas se limiter à une impression générale. Il doit reposer sur une finalité connue, des résultats attendus, des métriques préalablement définies et des preuves conservées. Pour une IA locale, ces preuves peuvent comprendre les journaux n8n, l’identifiant du document dans Qdrant, la version du modèle, la version du prompt système et les réponses produites.
La localisation des données apporte une maîtrise technique supplémentaire. Elle ne dispense cependant pas l’entreprise de recenser ses systèmes, d’identifier les responsabilités, d’évaluer les risques et de conserver l’historique des tests.











