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Eurodéputé espionné par Pegasus : quand les institutions européennes restent silencieuses face aux dérives numériques

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Un eurodéputé seul dans un bureau parlementaire baigné d’une lumière douce et cinématographique, avec un smartphone allumé sur le bureau, reflétant une ombre discrète près de la porte. La ville s’étend sombre à l’extérieur, soulignant son isolement face aux menaces numériques. ---

Stelios Kouloglou, eurodéputé grec membre de la commission PEGA du Parlement européen, incarnait l’expertise sur les logiciels d’espionnage comme Pegasus. Pourtant, en octobre 2022 puis mars 2023, son propre téléphone a été infecté par ce malware redoutable, capable d’infiltrer des appareils sans aucune interaction de l’utilisateur. Ironie cruelle : alors qu’il enquêtait sur les dérives numériques, il devenait lui-même une cible. Cette affaire révèle un système où les institutions européennes peinent à réagir face aux outils d’espionnage grandissant, tandis que les États concernés feignent l’innocence ou refusent toute transparence.

Un eurodéputé spécialiste des logiciels espions comme Pegasus se retrouve lui-même espionné, alors que les institutions européennes restent muettes face aux dérives technologiques et géopolitiques.

Pegasus : le logiciel espion invincible et ses clients mystérieux

Pegasus est un malware d’une efficacité terrifiante, capable de s’infiltrer sur des smartphones via des failles techniques non exploitées (appelées “zero-click”). Une fois installé, il accède à tous les échanges privés : messages, appels, géolocalisation, enregistrements audio et vidéo. Développé par la société israélienne NSO Group, présenté comme un “prestataire de sécurité”, ce logiciel est pourtant utilisé par des régimes autoritaires et, selon certaines enquêtes, par certains États membres de l’Union européenne.

La commission PEGA, créée en avril 2022 pour étudier ces pratiques, a mis en lumière les abus liés à Pegasus. Pourtant, NSO Group refuse de révéler ses clients, laissant planer le doute sur qui utilise vraiment cet outil. Les soupçons se portent notamment vers la Grèce, mais aussi la Pologne, la Hongrie et l’Espagne.

Citizen Lab, un laboratoire spécialisé en cybersécurité basé à Toronto, a confirmé les infections du téléphone de Kouloglou sans pouvoir identifier clairement les responsables. Une ombre plane sur ces affaires : d’autres parlementaires pourraient avoir été ciblés, mais personne ne semble vouloir assumer la responsabilité.

Une salle de conférence à Bruxelles où des eurodéputés et fonctionnaires examinent un rapport partiellement visible sur une table encombrée d’objets professionnels, sous une lumière professionnelle froide. Les visages reflètent lassitude et désengagement face aux propositions ignorées. ---

Les recommandations de la commission PEGA ignorées par l’Union européenne

En mai 2023, après des mois d’enquête, la commission PEGA a rendu un rapport exigeant :
– Un cadre légal strict pour encadrer les logiciels espions.
– La création d’un laboratoire européen de cybersécurité pour détecter ces attaques en temps réel.
– Des recours juridiques pour les victimes.

Le Parlement européen a adopté ces propositions, mais la Commission européenne n’a rien mis en œuvre depuis. Trois ans après les premières alertes, les recommandations gisent dans l’oubli. Pire encore : le cas de Nikos Androulakis, eurodéputé grec espionné par un logiciel similaire (Predator) en 2018, reste sans suite. Les États concernés se déchargent de leur responsabilité, tandis que des entreprises comme Candiru ou Paragon comblent le vide laissé par NSO Group.

Ce marché florissant de l’espionnage numérique prospère dans l’impunité, sans contrôle ni sanction effective.

Comment se protéger face à ces menaces ? Des solutions limitées

Face à cette situation alarmante, les citoyens peuvent adopter quelques mesures pour limiter les risques :
– **Activez le mode “Lockdown” d’Apple**, conçu pour contrer les attaques zéro-clic.
– **Faites analyser votre smartphone** par des laboratoires comme Citizen Lab en cas de suspicion.
– **Renforcez votre sécurité** avec un VPN, une double authentification et des mots de passe complexes.
– **Privilégiez les outils chiffrés** comme Signal ou Session pour vos communications sensibles.

Cependant, ces solutions restent insuffisantes face à des États et entreprises déterminés. La vraie réponse réside dans l’action politique : exiger des régulations européennes concrètes et une transparence totale sur l’utilisation de ces logiciels.

Pour conclure sur : " Eurodéputé espionné par Pegasus : quand les institutions européennes restent silencieuses face aux dérives numériques "

L’affaire Kouloglou illustre un paradoxe choquant : les institutions européennes peinent à protéger leurs propres membres contre des outils d’espionnage qu’elles devraient pourtant réguler. Pendant que le Parlement adopte des recommandations sans suite, les cibles potentielles (journalistes, militants, opposants) restent vulnérables. La démocratie numérique se fragilise chaque jour un peu plus, tandis que les acteurs de l’ombre continuent leur travail dans l’impunité.

Des mains tapant sur un ordinateur portable dans un café éclairé par la lumière naturelle, affichant des applications chiffrées et un guide de sécurité. La ville floue en arrière-plan souligne une tentative individuelle de se protéger face aux cybermenaces. ---

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