Ces attaques ne sont pas tombées du ciel : elles exploitent des failles humaines et techniques, et la DGFiP a clairement fait quelques erreurs. Commençons par le cadastre, parce que là, c’est le jackpot pour les pirates. En juillet 2026, ZeroBytes a revendiqué l’accès au serveur apexappliext.dgfip.finances.gouv.fr, un truc qui centralise toutes tes données immobilières. Le hacker affirmait avoir commencé son intrusion le 29 juillet et avoir récupéré 252 149 lignes cadastrales. À l’époque, on te disait que ça pouvait concerner jusqu’à 2 millions de propriétaires (parce qu’un seul propriétaire peut en avoir cinq). Aujourd’hui, la DGFiP confirme : 1,8 million de comptes ont été compromis.
Et dans ces comptes, il y a quoi ? Ton nom, ton prénom, tes dates et lieux de naissance, ton adresse… mais aussi les références précises des parcelles que tu possèdes. Bref, tout ce qu’il faut pour te reconnaître comme une proie idéale. Imagine un escroc qui sait où tu habites et sur quoi tu as investi (ou pas) en immobilier : le combo parfait pour te faire croire à une “offre trop belle” ou à une “dette urgente”. Et le pire ? Ces données sont maintenant sur des marchés noirs, où elles se vendent comme des sushis frais.
Mais le cadastre, ce n’est pas la seule faille. Début août, on découvre que le portail des successions vacantes a aussi été lâchement sécurisé. Ce service gère les biens hérités quand personne ne se manifeste pour les récupérer. Résultat : une faille technique a permis à des pirates d’accéder à des données sans même taper un mot de passe. On parle ici d’identités complètes, d’adresses postales et électroniques, de situations matrimoniales… et surtout, de détails sur les successions en cours. Autrement dit, si tu as déjà été témoin dans une succession ou que tu es héritier potentiel, tes infos sont peut-être déjà dans un fichier partagé avec des escrocs.
La DGFiP a réagi vite : la faille a été corrigée en urgence. Mais le mal était déjà fait. Et là où c’est vraiment gênant, c’est que ces trois incidents ne sont pas liés entre eux. Chaque attaque cible un système différent avec des méthodes distinctes. Pourtant, si les pirates arrivent à croiser les données (même sans le dire officiellement), ils peuvent construire un dossier ultra-détaillé sur ta vie : ton adresse, tes biens, ton statut familial… et peut-être même une estimation de tes revenus. “Bravo pour la transparence”, comme on dit en regardant ses comptes bancaires se vider.










